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petite pensée d’une fée


monotone mon automne
vient des champs à cheval de temps
d’un air pépite un peu insolite
et des yeux acineux
bacciforme ou bergamote
voltiger ses rêves marottes
du bleu-vert non-conformiste
devient jaune et altruiste
cherche toujours l’amour perdu
sous l’abri de la tortue

sur une toile concave de ciel
avec des rayons de miel
il écrit cunéiforme
se révolte et se transforme
dans une pluie monotone
froidement passe mon automne
ses pieds tournés en boue

sans chapeau il me salue

(le 14 sepembre 2013)

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feng shui par Ottilia Ardeleanu

dans la chambre blanche
une girouette de papier pétrit l’air
de la poudre sur le miroir
le soleil paraît un coing en duvet

le lit soyeux est envahi d’oreillers
je sens l’odeur de ta peau
bouquet de chrysanthèmes dans le vase de rubis

par la fenêtre le ciel fendu de rouille
fait irruption avec des feuilles
trois oranges audacieuses lui tiennent tête

la fontaine sussure
dans un globe de cristal
quelques dauphins sifflent

je te sens comme un automne
qui pose mon déshabillé sur mes épaules
après une pluie de baisers

(le 3 juin 2012)

khan par Dan Petruţ Camui / traduction par Ottilia Ardeleanu

j’ai voulu prendre pour toi une photo de
dieu cela ne marche pas toujours
il le fait exprès ou peut-être parfois
se cache-t-il pour que nous ne puissions l’avoir que
dans l’âme je voulais un beau souvenir
tu avais les cheveux entre deux détroits de fleurs
parmi lesquels mes doigts élevaient
les albatros d’une tempête de parfum
de ton amoureux vierge c’est comme ça que
l’amour sent ou ta manière de
me tirer ailleurs m’accompagne sereinement
un jour ma mère m’a trouvé
je dessinais des questions pour les sphinx
et elle m’a demandé pourquoi je ne restais pas avec les autres
je l’ai regardée pour ne la fâcher pas et je lui ai dit
je ne joue pas avec eux ils sont méchants et je ne les aime pas
elle ne m’a pas reprimandé elle avait vu ma resignation
de passer l’enfance autrement
et quand ils ont parlé de moi mon père savait
que tu le fasses à mi-parcours
qu’il n’aie pas besoin de personne qu’il n’aie pas mal d’amour
j’ai pour toi seulement cette bénédiction
mon fils m’a-t-il dit attristé parce qu’il m’avait oublié
je dessinais des cercles et des étoiles et je ne voulais pas le pardonner
parce qu’il m’avait fait le servant de mes frères
mais parce qu’il a séparé nos jours
dans une rivière sans source
l’ange
est venu derrière moi en lisant
quels beaux mots que tu les mettes dans un livre
c’est pour cela que j’ai voulu une photo de
dieu entre nous comme une réponse
pour tout je croyais
que tu ne m’aimais plus et je ne savais plus
quoi inventer comment
te montrer de meilleur
loin des autres
enfants mon nom est khan et je ne suis pas méchant
voilà combien
je suis devenu amoureux

La mer

C’est le bleu d’azur
le vert des algues
le blanc des neiges
l’orange du soleil
le noir des tréfonds
C’est la pourpre de la lune
la lumière des étoiles
l’ombre des nuages

C’est la toile des bateaux
l’onde du vent
l’oeil de la terre
le baiser du sable

C’est le vol des mouettes
le frémissement des feuilles
le murmure des voix
le sourire des enfants

C’est l’impératrice des eaux
le miroir du ciel
le temple de la divinité
le paradis des poissons

C’est couleur
chanson
lumière
ombre
vie

C’est balance
remous
grondement
mugissement

C’est hauteur
abîme
immensité
éternité

C’est jour
nuit
silence
bruit
C’est un monde
de l’Univers
Ça y est!

par Ottilia Ardeleanu

(août 2001)

Du cœur

Bonjour, mon amour,
À toi, pour toujours
Le cœur et mon âme
Qui s’enflamment
Comme une rose
Merveilleuse,
Comme le ciel
Au coucher,
Comme l’azur
Tout autour,
Comme printemps
Sur les champs
Pleins de fleurs
Et couleurs,
Comme l’air
Avec mystère,
Comme la nuit
Celle qui fuit,
Comme une pousse,
Comme une mousse.
C’est moi, mon amour,
À toi, pour toujours!

par Ottilia Ardeleanu

(le 14 février 2009)

murs en clous

chaque jour
mon voisin
crucifie
les mains de tous
les maçons
le coeur d’une
Anne

je viens d’entendre
des cris

par Ottilia Ardeleanu

(le 1 août 2011)

s’enfuir où mon amour

à l’interieur le silence est si dense on peut
le tâter comme on touche un objet d’art
très beau arquée sur la coupole de la pièce
la lumière paraît un sein au lait

on voit les choses sous une loupe
unies par de grosses cordes de
poussière témoin de ma présence

les ombres se nouent dans des lambeaux
balançant une poignée de soleil échappé
par la fenêtre cachée derrière le rideau

un papillon trop grand s’est égaré en moi
et il te cherche d’une acrobatie mortelle

par Ottilia Ardeleanu

(le 20 mai 2012)